Début de premier jet de peut-être idée d'hypothétique projet...Désolée pour la mise en page, essayé pas pu!
Ce qui m’inquiète n’est pas de prononcer la syllabe magique. C’est l’enchaînement de choses impossibles (ou improbables, à choix) que je vais devoir accomplir dans les dix minutes qui précèdent. Soit :
- Marcher sans boiter avec des chaussures trop hautes.
- Ne pas me prendre les pieds dans ma robe et étaler mon mètre soixante sur le tapis.
- Deviner où je dois aller (je n’a jamais vu la salle) tout en gardant un sourire béat.
- Retenir mon futur car il avancera trop vite pour moi. Eh oui, il a des chaussures qui se conduisent sans avoir préalablement passé un permis (voire premier point).
- M’asseoir sans faire péter les coutures de la robe.
- Positionner mes jambes de manière élégante. Les pieds en dedans à la De Niro ça le fait pas trop.
- Prier pour que mes glandes sudoripares n’inondent pas le tapis sur lequel je ne me serai pas répandue (voire deuxième point).
- Trouver un petit peu de salive et dire… Oui !!! En fait j’ai déjà dit oui il y a un peu plus de six mois. Quand mon futur (qui ne l’était pas avant les faits) s’est approché de moi avec un drôle d’air. La même expression que celle que je devais avoir le jour ou je lui ai annoncé que j’avais plié la voiture. Ou encore quand je ramenais un 2 à la maison en quatrième. Un air de cap ou pas cap. Je vais tout de même vous raconter ce que j’ai fait avec la voiture. J’ai hésité à vous le dire mais je vais vous expliquer. Quand on commence une histoire on l’a finit. Autrement, on court le risque que l’interlocuteur reste sur sa faim. Mon entrée en matière annonce quelque chose de spectaculaire, et vous allez être déçu parce qu’en fait ce n’est rien de bien passionnant. Ça risque même de vous ennuyer. Il y a de fortes chances que mes histoires de carrosserie ne vous intéressent pas du tout en fait. Et puis c’est hors de propos. Ouais, on oublie. Peut-être plus tard. Où en étais-je ? Ah oui. Donc, mon futur s’est approché de moi avec un drôle d’air. J’ai d’abord cru à quelque chose de grave. Et puis j’ai vu dans ses yeux un petit quelque chose que je ne vois pas souvent. Il était ému. Et avant qu’il ne prononce une des variantes de la demande en bonne et due forme, j’ai su. Alors j’ai dit oui. Il faut dire que je m’y attendais un peu depuis quelques mois. Je reformule pour être plus honnête. J’attendais ça depuis quelques mois. Voilà, ça c’était plus honnête. Maintenant la version 100% honnête : je faisais tout pour provoquer ça depuis quelques mois. Bouh la vilaine. Que voulez-vous, je suis une femme et une femme ça manipule son monde. C’est comme ça. Avant de continuer à jouer la carte de l’honnêteté avec vous, peut-être faudrait-il que je me présente. Il paraît que ça se fait. C’est vrai qu’il vous sera plus facile de m’écouter déblatérer sur ma petite vie si vous connaissez deux ou trois choses de moi. Je m’appelle Zora. Voilà une chose. Non, je ne suis pas rousse. La deuxième. Imaginez-moi comme vous le voulez, ça sera toujours mieux qu’en vrai. Et de trois. On va pouvoir continuer.Non !!! Sachez tout d’abord que je suis absolument contre le mariage. Je vous explique pourquoi. Pour commencer, à l’origine, le mariage était une affaire d’hommes. La racine latine du mot le prouve. Maris signifie mâle et age est un suffixe qui ne veut en aucun cas dire femelle. Preuve que nous n’avions, mesdames, pas un mot à dire dans cette histoire. Le père se débarrassait de son autorité sur la demoiselle en l’offrant soit au premier venu soit au plus riche. Et ça, voyez-vous, ça m’énerve. C’est du passé, je sais, mais quand même. L’amour n’avait rien à voir là-dedans. Pas de fleurs bleues ni de jolis couchers de soleils. Juste du fric. C’est dire si ça fait longtemps qu’il mène le monde. Les choses ont changé et plus tard les femmes ont eu le droit de choisir dans quelle cuisine elles seraient attachées. C’est une image. La laisse était virtuelle. On se mariait alors pour pouvoir vivre ensemble sans être dans le péché et risquer de terminer en enfer. Je peux comprendre que l’idée de finir au sous-sol de Satan ne doit pas être très alléchante. Quoique vivre ne soit pas un péché mais vous avez bien compris ce que je voulais dire. Je ne vais pas vous faire un dessin, ce serait encore plus vulgaire que d’en parler. En plus de ça, côté arts graphiques je ne suis vraiment pas au top. Quelques minis révolutions plus tard, la société occidentale nous permet de tester la marchandise sans cérémonie préalable. Et si elle ne convient pas (la marchandise donc) on peut l’échanger à notre guise. Il est de plus en plus fréquent de l’échanger après la dite cérémonie me direz vous. Que cela soit grâce au divorce, à l’adultère plus moins discret ou même d’un commun accord, simplement. Il suffit de taper « échangisme » sur google.ch pour s’en rendre compte. Dans notre petit pays, les clubs échangistes et les saunas mixtes coquins poussent comme des champignons. Le moteur de recherche nous propose des annonces d’hommes (et de femmes, mais plus d’hommes) cherchant une compagne à échanger dans une soirée libertine. L’avantage est bien sûr de ne pas avoir besoin de trouver la femme parfaite, puisque de toute manière on l’échange en arrivant. Bref. Chacun son truc.
Revenons à nos moutons. J’étais en train de dire que quelques minis révolutions plus tard, la société occidentale nous permet de tester la marchandise sans cérémonie préalable. Plus personne ne vient contrôler la couleur des draps blancs (qui sont donc blancs comme vous l’aurez compris) après la nuit de noce. Femmes et hommes disposent enfin de leur corps comme ils le souhaitent. Certains (et certaines) s’en donnent même à cœur joie et ils (elles) ont bien raison. Il y a des années d’érections perdues à rattraper (en tout cas sur le papier). De nos jours les femmes ont même le droit de faire des bébés toutes seules sans finir enfermées dans une cave, loin du regard des voisins. Je me suis un peu emballée. Ça arrive toujours, mais seulement chez quelques dérangés restés crochés en 1860. Ne réfléchissez pas à ce qui s’est passé cette année-là, je l’ai choisie au hasard. Bref, pour les couples qui vivent avec leur temps, se marier ne sert à rien. Pas besoin de se dire oui pour s’aimer, pour enfanter ou pour tout autre verbe se terminant par er. Conclusion : Le mariage n’est qu’une signature en bas d’un bout de papier à 250 balles.
Oui mais…
Comme toujours il y a un mais. Ma personnalité et mes convictions ressemblent à mon look. Je n’en ai pas. Ou plutôt, j’en ai trop. Je suis une sorte d’immense patchwork, de pot pourri. Ça n’est pas très flatteur, et pourtant. Je suis à l’image de l’intérieur de mes armoires. C’est le bordel. Mélanger un soupçon de féminisme, une cuillère d’originalité, un kilo d’authenticité, un zeste de folie, 300gr d’envie d’exotisme, saupoudrez le tout d’un soupçon de traditionalisme et vous m’obtiendrez, moi, Zora. Sans le soupçon de traditionalisme tout aurait été très simple. J’aurai dit « non, on a pas besoin d’un bout de papier à 250 balles » et j’aurais argumenté très facilement (voire chapitre « non »
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17 Juillet 2008 à 16:56 dans
- J'écris
